LETTRE DE BALTHAZAR (3)
de San Sebastian de Gomera (Canaries)
à Mindelo (île de Sao Vicente, archipel du Cap Vert)
du Mardi 30 Septembre au Dimanche 5 Octobre 2008
27°35’ N 17°10W. Après avoir appareillé de San Sebastian de Gomera à midi ce Mardi nous filons à 8 nœuds en moyenne entre Largue et Grand Largue sous Grand Voile et Gennaker (grand génois sur emmagasineur de 120m²), cap au Sud, poussés par un alizé de NNE de 16 à 18 nœuds. Balthazar est pourtant lesté au maximum avec ses réservoirs d’eau et de gasoil remplis à ras bord ce matin (1300 L chacun) au départ de San Sebastian et dépasse les 28 tonnes de déplacement.
Après une grasse matinée pour récupérer de notre arrivée hier dès potron-minet, nous découvrions par un beau soleil que nous étions accostés en extrémité de ponton de la petite marina à côté de ce que nous appelons immédiatement la tour Eiffel, vedette spécialisée dans la pêche au gros, bardée de cannes et d’énormes moulinets et surmontée d’une superstructure tubulaire à quatre étages permettant de localiser de loin les zones poissonneuses que les oiseaux ou les dauphins désignent par leur présence. Dominant directement la marina un falaise d’une centaine de mètres nous dévoile sur son flanc vertical une superbe strate horizontale de couleur ferrugineuse surmontée de colonnes hexagonales de roche dure gardant la mémoire de leur cristallisation dans une cheminée volcanique improbable.
Je dérouillais mon Espagnol avec la charmante hôtesse de la marina puis nous allons louer, dans cette petite agglomération soignée et sympathique, colorée par les façades des maisons basses et par des flamboyants aux fleurs rouge orangé, un gros Van qui nous emmène tous les 6 à l’assaut des montagnes volcaniques. La route en lacets, vertigineuse par endroits, nous fait passer progressivement d’une végétation quasi désertique de cactus puis de figuiers de Barbarie à une abondance de buissons puis d’arbres de plus en plus verts dominant des ravins profonds ou dominés par des aiguilles déchiquetées. A l’entrée du Parc National de Garajonay nous apprenons que la végétation tropicale que nous admirons, dénommée « laurasilva canaria » par les botanistes, est un reliquat unique de la végétation qui recouvrait une partie de l’Europe durant le Tertiaire, avant que les grandes glaciations ne l’éliminent. Un grand nombre des espèces que nous admirons sont endémiques. Nous regrettons, tout au moins Anne-Marie et moi, de ne pas avoir le temps de mettre nos chaussures de marche pour emprunter les GR qui parcourent sur des pentes raides ces paysages impressionnants. Après avoir franchi un col à près de 1200m nous redescendons dans la vallée du Gran Rey et sommes frappés par ces restanques apparemment très anciennes escaladant des pentes invraisemblables. L’énorme travail de récolte des pierres, de leur transport dans des pentes abruptes et la construction des murs en pierres sèches dont très peu sont effondrés, laissent deviner à la fois l’accumulation du labeur au cours des siècles et la dureté de la vie aux époques anciennes où cette île devait vivre en autarcie quasi complète. Ceci nous rappelle la conquête par nos anciens paysans de St Christophe en Oisans de quelques lopins de dizaine de mètres carrés de foin, sur des pentes où il fallait s’encorder pour faucher au-dessus de précipices. Même acharnement au travail, même dureté des conditions pour survivre.
Il faut savoir que les origines des Guanches, premiers habitants des îles Canaries, semblent remonter très loin, à l’Homme de CroMagnon, aux Berbères et aux Sémites. Leurs pratiques de la momification des morts et les racines de leur langue suggèrent des liens avec l’Egypte antique. Ce sont donc des restanques très anciennes construites par des générations de Guanches que nous avons sous nos yeux, presque intactes grâce aux précipitations rares et aux gels inexistants.
Au bord d’un petit port égaillé par des barques colorées se dandinant, l’ami marseillais Claude( Laurendeau) préfèrerait dire se gangassant, au mouillage, au pied de falaises volcaniques presque verticales de 600 à 800 mètres de haut aux couleurs flamboyantes nous apprécions al restaurante del puerto, restaurant propret où la ventilation naturelle a été bien étudiée et décoré de jolis moucharabiés en bois vernis, un menu à 6,50 € simple mais parfaitement préparé, ces dames dégustant avec plaisir des filets de « peto », poisson fin que nous ne savons pas identifier.
De retour en fin d’après midi courses et bricolages à bord (mise en place de la surverse eau douce, mise en place d’un clapet anti retour sur la vanne d’aspiration de l’eau de mer du dessalinisateur) occupent l’équipage avant un apéro et un dîner à bord bien mérités.
En fin d’après midi le début d’alizé s’endort et nous voici en train de rechercher, par un zéphyr de 6 à 8 nœuds la meilleure allure pour avancer en s’efforçant d’éviter que les voiles ne battent, dégonflées par moment par les coups de roulis induits par la houle résiduelle. Nous nous déhalons ainsi à 4 nœuds environ en décrivant sur l’écran du Navnet une trajectoire d’ivrogne car changeant fréquemment de cap pour adapter l’allure aux variations importantes de vent apparent. Nuit inconfortable dominée par les empannages successifs nécessitant chaque fois retrait puis remise en place de la retenue de bôme, emmagasinage puis déroulement sur l’autre bord du grand gennaker. Le système d’emmagasineur marche très bien, la longue bosse d’emmagasinage qui entraîne un volant cranté étant frappée tout à l’arrière du bateau sur une poulie ouvrante reliée à un sandow comme nous l’a appris Brice, excellent voilier d’All Purposes. Mais mieux vaut mettre des gants, notamment au moment du déroulement !
Pour faire une route directe raisonnable nous finissons par naviguer sous Grand Voile seule, allure plus stable et plus confortable que sous gennaker seul que nous essayons également.
Au matin la brise évanescente contraint un équipage vaincu mais fier de s’être battu à envoyer la risée Perkins. La perspective de faire rapidement de l’eau chaude et de recharger les batteries n’est pas non plus étrangère à ce renoncement.
J’ai une pensée émue pour les équipages des lourdes Caravelles qui se faisaient secouer vergues et voiles battantes dans la houle, espérant parfois pendant plusieurs jours qu’Eole veuille bien leur envoyer la brise salvatrice qui sera accueillie par des Hourras !
Tout à l’heure nous relevions les cotes du vit de mulet (pièce mobile tournant autour d’un axe vertical et pénétrant dans une échancrure de la bôme elle-même pouvant se lever pour accompagner les mouvements de la voile autour d’un axe horizontal porté par ce même vit de mulet), un jeu excessif des axes dans leurs chapes me paraissant malsain pour une articulation subissant des efforts considérables. Bien que le dimensionnement des axes et des chapes prévu par Maréchal (excellent fournisseur du mât et de la bôme) me paraisse robuste je n’ai aucune envie en effet de rejoindre dans les quarantièmes rugissants la longue cohorte des voiliers ayant brisé leur vit de mulet et donc privés de GV. Sous la vigilance d’Antonio du chantier Garcia informé hier par courriel nous recevrons à Salvador de Bahia amenée par André (Van Gaver) qui y rejoindra le bord, une nouvelle pièce réduisant les tolérances et les jeux. Nous sommes satisfaits par ailleurs que les clapets antiretour amenés par Anne-Marie et installés à La Gomera aient tenu leur promesse. Nous pouvons maintenant disposer de l’eau de mer sous pression à bord à l’évier comme dans les toilettes sans désamorçage de la pompe à eau de mer, ménageant ainsi les réserves d’eau douce. Le dessalinisateur ayant subi le même traitement pourra quant à lui reconstituer cette réserve durant les longues traversées.
Certains me diront qu’il eut mieux valu une année complète pour mettre au point ce grand bateau tout neuf et bien équipé. Mais il est bien connu qu’un voilier qui attend d’être totalement prêt ne part jamais. Prés de nous, à la marina de San Sebastian, un navigateur facétieux a baptisé son bateau « Never Ready » ! Apparemment il vit pourtant à bord et navigue beaucoup. Nous finirons de mettre Balthazar au point en mer, aidés par un chantier Garcia vigilant, des communications et une logistique modernes et des relèves d’équipage relativement fréquentes permettant d’acheminer les pièces. Il approchera les 15000 milles en arrivant à Ushuaia et sera (presque) ready pour l’Antarctique où l’autonomie sera totale pendant 6 semaines.
Mercredi 1er Octobre. Il est 18h30 (TU+1) par 25°30’N et 18°40’W. Nous filons à 8,6 nœuds propulsés par le Perkins en régime économique (1200 tours) et le courant favorable des Canaries, celui-ci alimentant le courant équatorial qui alimente à son tour de l’autre côté de l’Atlantique, le Gulf Stream. Quelle belle machinerie que cette circulation océanique autour de l’anticyclone des Açores qui régule nos climats en récupérant le trop plein d’énergie que le soleil expédie à l’équateur pour la transporter et adoucir le climat des régions plus froides.
Ces dames font un scrabble acharné et les autres marins se succèdent à la sieste pour maintenir le précieux capital de sommeil.
0h30 ce Jeudi 2 Octobre par 24°56’N et 19°06’W. Anne-Marie et moi sommes de quart. Avant le dîner nous avions remis à la voile. L’alizé faible et le courant toujours fort nous permettent d’avancer sous GV seule paisiblement, plein vent AR à environ 6 nœuds sur le fond en faisant route directe sur Mindelo, deuxième ville de l’archipel du Cap Vert, sur l’île de Sao Vicente. Dehors la nuit sans lune est d’une clarté surprenante. Les étoiles fourmillent et scintillent tellement que l’on a du mal à distinguer dans ce fouillis les principales. On distingue même nettement sur la mer le pâle reflet de la voie lactée !
A environ 180 milles dans l’Est la côte africaine du Sahara occidental défile lentement mais régulièrement. Nous sommes bientôt à la hauteur des bancs d’Arguin, hauts fonds s’étendant très au large de l’Afrique (enviton 60 à 80 milles) responsables de nombreux naufrages à l’époque où ils n’étaient pas cartographiés, notamment le tristement célèbre naufrage par beau temps du trois mâts « La Méduse » suivi de l’errance effroyable de ses radeaux.
Nous suivons à peu près l’itinéraire des pionniers de l’Aéropostale, les Guillaumet, Saint Exupéry, Mermoz, Collenot qui s’élançaient depuis Toulouse sur leurs machines, sous la férule de Didier Daurat, vers le Maroc, allaient se poser en passant par le cap Juby à St Louis du Sénégal, près du Cap Vert, puis s’élançaient avec leurs réservoirs plein à ras bord de carburant par-dessus le passage le plus étroit de l’Atlantique traversant le Pot au Noir en guettant les redoutables cumulonimbus pour atterrir à Natal, à la pointe la plus orientale de l’Amérique du Sud, avant de rejoindre Bahia et Rio et aller ensuite affronter parfois la chaîne des Andes. Quelles belles et émouvantes pages de l’histoire de l’aviation et de l’Aventure humaine ces pilotes courageux ont écrites.
Remémorons-nous la fameuse phrase de Guillaumet après s’être crashé dans la Cordillère des Andes et réussissant grâce à un mental fantastique à rallier à pieds des terres habitées : « ce que j’ai fait aucun animal n’aurait réussi à le faire ».
Dans une heure nous irons rejoindre avec délices notre couchette après avoir réveillé les équipiers du quart suivant, Mimiche et Jean-Pierre.
23°54’N 20°03’W 15h45 ce Jeudi. Nous sommes satisfaits d’avoir déployé, armé et saisi avant le déjeuner avec balancine, halebas et bras le grand tangon stocké vertical le long du mât. Il nous permet de descendre cap au SSW en route pratiquement directe sur Mindelo sous GV et génois tangonné très prés du vent arrière. Par vent apparent faible de 8 à 9 nœuds seulement nous marchons à 6 nœuds au loch et prés de 7 nœuds sur le fond.
A 20H48 précisément un apéritif amélioré salue le franchissement du Tropique du Cancer par 23°26’N (tropique franchi par 20°25’W). Une heure après nous récupérons sur le pont notre premier poisson volant qui n’avait pas vu Balthazar dans la nuit noire et sans lune, et était venu le percuter. Nous avons maintenant vraiment quitté l’Europe et ses derniers avant postes Sud Ouest des Canaries !
L’alizé de NE qui s’est maintenant établi aux environs de 18 nœuds propulse Balthazar à 8 ou 9 nœuds. Nous avons bien fait, en anticipation de ce renforcement annoncé par la météo, de prendre deux ris dans la grand voile. S’il se renforçait encore il serait aisé pour l’homme de quart seul de rouler un peu de génois, le tangon restant bien immobilisé par ses trois manœuvres, balancine, hale bas et bras arrière.
C’est exactement ce qui se passe durant mon quart en fin de nuit. L’alizé bien établi maintenant a fraîchi et frise les 27/28 nœuds. Balthazar se lance sur une mer formée dans des surfs à plus de 10 nœuds bien qu’il soit lourdement chargé. Nous lui administrons 5 tours de génois pour l’assagir et rendre le bateau plus confortable pour le repos de l’équipage.
Les surfs sur un tapis de bulles n’ont pas ému la pompe à eau de mer qui ne se désamorce plus même dans ces conditions difficiles pour elle. Les clapets anti retour sont maintenant bien qualifiés pour employer notre jargon d’ingénieur.
L’alizé est remarquablement constant de NE oscillant entre 20 et 25 nœuds nous permettant de ne rien toucher au réglage des voiles adapté à cette marche au Grand Largue, génois tangonné, dans la brise. Vendredi soir un bon aïoli fait avec une excellente morue séchée achetée au marché de Funchal et soigneusement dessalée en plusieurs eaux vient conclure agréablement cette belle journée. Il ne manquait que les pois chiches, con ! (excusez mais appréciez quand même la grossièreté légendaire marseillaise).
Anne-Marie et moi avons pris cette nuit de Vendredi à Samedi notre quart à 1h30. Nous sommes maintenant par 20°14’N et 22°45’W et nous faisons ensemble notre parcours dans le jardin des étoiles. La mer est phosphorescente, nous voyons même passer par moments de véritables flashs lumineux. Sur cette fameuse route des alizés empruntée par Christophe Colomb qui partit comme nous de San Sebastian de la Gomera puis par les conquistadores nous nous remémorons les élans lyriques de José Maria de Heredia et son hérédité hispanique:
« Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal
de Palos, de Moguer routiers et capitaines
partaient ivres d’un rêve héroïque et brutal.
Ils allaient conquérir le fabuleux métal
que Cipango mûrit dans ses mines lointaines
et les vents alizés inclinaient leurs antennes
sur les bords mystérieux du monde occidental.
La nuit, l’azur phosphorescent de la mer des Tropiques
berçait leur sommeil d’un mirage doré.
………………………………. de lendemains épiques
Ils regardaient monter au loin dans un ciel ignoré
….. des étoiles nouvelles »
…..(ah ! la mémoire du lycée s’estompe !)…..
Je pense également à Charles Darwin, jeune scientifique frais émoulu de l’Université de Cambridge (ou d’Oxford ?), embarqué avec un certain nombre d’autres scientifiques sur le Beagle commandé par Fitzroy pour un voyage d’exploration qui durera de 1830 à 1836 ! Dans son journal il relate, sur cette même route, ses observations sur la phosphorescence de l’eau et établit avec grande rigueur qu’elle ne peut s’expliquer que par la phosphorescence du zooplancton qu’il observe sous son microscope. Quel remarquable esprit et quel plaisir de lire la relation de son voyage dans son « journal du Beagle » !
19°31’N23°18’W ce Samedi matin 4 Octobre (certains m’ont demandé de donner régulièrement la position pour aller ensuite cliquer sur Google Earth !). L’alizé est tellement régulier que nous n’avons pas touché aux écoutes de puis plus de 24 heures.
Les cartes isobariques diffusés en fichiers compressés Gribs par la NOAA américaine se révèlent de plus en plus précises sur 3 à 4 jours et l’alizé perd un degré Beaufort comme prévu pour revenir à force 5. Balthazar bien stable sur sa route, malgré les vagues déferlantes modérées qui le prenaient par moments sur la hanche, se dirige tout seul sous pilote automatique sur Mindelo , port de l’île de Sao Vicente que nous pensons atteindre durant la matinée de demain Dimanche.
Ce matin la récolte de poissons volants ayant atterri sur Balthazar cette nuit a bien augmenté, passant de 2 à 3 à 6 à 8. Pendant mon quart un specimen de belle taille est venu s’écraser sur le transparent de la capote, le choc brutal me faisant sursauter. Filant à plus de vingt nœuds au ras des flots pour lâcher le prédateur qui les poursuit, il ne ferait pas bon en recevoir un en pleine figure. On ne peut pas trouver une plus belle illustration de la théorie de l’évolution de l’espèce conçue pendant sa croisière sur le Beagle par Charles Darwin. Leurs fines ailes transparentes et en éventail qui fonctionnent aussi en nageoires sont devenues une condition de leur survie.
Ces poissons volants me rappellent avec amusement notre traversée transatlantique de 2003. Mes équipiers d’alors, Roland (Morel), Pierre (Dubos), Eckard (Weinrich) ont frisé la mutinerie quand, après plusieurs jours du même traitement une nouvelle fois au petit déjeuner Claude (Laurendeau), alias le Prince de Port-Miou, le cinquième équipier et pas le moindre faisait cuire directement sur le gaz de la cuisinière un des nombreux poissons volants qu’il récoltait chaque matin, empuantissant le carré. Mis devant le choix, soit d’être jeté par-dessus bord, soit d’arrêter cette pratique barbare, le Prince de Port-Miou battit prudemment en retraite. Et pourtant ils sont fins parait il ces poissons volants…
Nous avons mis ce Dimanche matin l’horloge du bord, ayant fait de l’Ouest, à l’heure du Cap Vert, soit TU-1. L’alizé a fini par s’essouffler et nous faisons au moteur la dernière trentaine de milles nous séparant de Sao Vicente.
Une atmosphère tropicale chaude et humide nous empêche de voir les îles. Comme en approche de la Corse, au mois d’Août, quand la Méditerranée est très chaude, nous ne découvrirons les hauts reliefs volcaniques de San Antao et Sao Vicente qu’à moins de 10 milles.
A 13 heures nous accostons à la marina toute neuve de Mindelo sous une belle averse. Dans ce pays semi désertique, comme on dit en Provence lors des sécheresses, « il pleut de l’or ! » car les rares averses sont bénites.
Expédié de Mindelo, île de Sao Vicente, archipel du Cap Vert ce Dimanche 5 Octobre 2008